Publié par Sabine Canneva le 19/04/2010 dans Camping-car, Reflexionsde Regards sur Ailleurs, 2eme voyage. Nous achevons notre périple de printemps par la France, les Cévennes pour le moment, avant de remonter doucement vers le Nord.
Un voyage avec des conditions nettement plus faciles que lors de notre premier périple en Espagne et au Portugal en novembre et décembre, non sans blague, c'est mieux quand il fait 25°C?....
C'est donc presque dommage de s'arrêter en si bon chemin alors qu'on est lancés, rodés, entrainés, motivés et inspirés! Mais on a des rendez-vous de toute façon la semaine prochaine, donc on est obligés de rentrer.
Et on commence surtout à découvrir un nouveau phénomène qui nous laisse pantois ; c'est la sortie des camping-caristes. Bien sûr, on en a déjà croisé des quantités dans les campings, dans les aires, sur la route ou sur les parkings, mais avec le beau temps, les retraités sont de sortie, comme ce matin sur le seul parking autorisé aux véhicules plus de 2,5 mètres de haut (quelle segrégation !) à Avignon.
Quelques camions se rassemblent à cet endroit où une navette gratuite vous emmène au palais des Papes pour la visite. Entre deux rocades et un pont, ambiance parking, ce n'est pas là que j'aurais eu envie de passer l'après-midi. Et pourtant, à notre retour vers midi, ne voit-on pas un camping-car auvent, tables, chaises, gamins sortis, pinard sur la table, et v'la ti pas que je déjeune tranquillou sur le parking au soleil.... Tandis que le gros camping-car à 70.000 euros faisait manouche à coté avec la serviette de bain mise à sécher sur la fenêtre...
Différence d'éducation ?... d'habitude ?
Leur comportement nous a choqué, d'autant plus peut-être qu'on vit aussi dans un camping-car depuis plusieurs mois, justement un véhicule qui a 15 ans, beige sale, surtout après notre périple en Bosnie, les roues pleines de boues, les 2 luminions arrières cassés, un bout de pare-chocs en moins, et pas un magnifique four à micro-ondes métallisé.
En fait, on a sorti l'auvent et les chaises une seule fois, c'était dans un camping en Croatie, et il n'y avait personne. C'était tout à fait moche, nos chaises sont bleues, la table beige, ambiance « cas-sociaux on attend les allocs ». En plus on y passe un temps fou : ouvrir le coffre et c'est pas pratique, sortir la manivelle, couicouicouic pendant 5 minutes pour déplier la toile, mettre les piquets, demander à mon grand mari de tenir le bazar à 3 mètres de haut, sortir les chaises de la housse décathlon, les ouvrir, ensuite au tour de la table, et sans se pincer les doigts... bref, avec le reste de l'installation, on en a pour 3/4h. Autant dire que c'est une activité à temps plein pour des camping-caristes en vacances.
A peine plus loin dans la campagne, après avoir croisé des dizaines de véhicules sur la route, on en retrouve des essaims sur le bord de routes à proximité des sites touristiques. De même sur les aires, comme il existe des fichiers, des gps, et des sites internet où trouver les aires, et que tout le monde en dispose, ils se rassemblent mécaniquement. Pire, le camping-car appelle le camping-car, c'est un peu comme les chiens, ils sont potes entre eux. Plusieurs fois nous en avons fait l'expérience : le temps de visiter quelque chose, et un camping-car s'est collé à nous sur un parking vide. Le plus drôle, à Sault, ce phénomène se produit, et comme nous restons dans la cabine à téléphoner, le colleur qui s'est garé devant nous fait sortir la copilote pour le guider à la manœuvre. « vas-y, vas-y recule, Stoooop !!! », mais la rue était en pente, le camion recule encore un peu avant de repartir, puis freine à nouveau et cette fois il recule de 50 cm et nous rentre carrément dedans !! Bobonne aurait pu rester au chaud.
On se rend compte alors de la véritable nuisance qu'ils provoquent par leur nombre. Un camping-car est beaucoup plus large et plus long qu'une voiture, genre gros frigidaire ; ils prennent non seulement plus de place, mais sont capables de rester des jours et des jours si le parking leur plait !! On avait lu sur les forums les interminables discutions sur ceux qui critiquent cette situation justement, et qui moquent les centaines (oui, les centaines...) de véhicules qui s'installent sur certaines parties des littoraux tout l'été. J'avais du mal à croire qu'on puisse s'agglutiner à autant de monde, dans un mode de déplacement soi-disant libre. Le camping-car n'est-il pas la liberté ?
Et pourtant, à voir dès fin avril le nombre de camions sortis, je n'ai plus trop de mal à imaginer la marée blanche-carrosserie qui peut s'abattre sur certaines villes.
Voilà donc la raison qui nous fait un peu passer la tristesse de devoir arrêter notre périple : on rentre quand les aires vont être prises d'assaut, quand tous les parkings auront des barres de hauteur pour chasser ces gêneurs, et qu'on ne pourra plus se garer tranquillement sur un parking sans se faire remarquer.
Sabine,
c’est toujours avec plaisir d’avoir de vos nouvelles par vos récits réguliers
A+