Chez Darty; à la recherche du Wi Kook, aventure!

Publié par Sabine Canneva le 16/05/2010 dans Camping-car, Reflexions

J'ai épluché le marché de la cocotte minutes: Seb, Tefal, et consorts avant de tomber sur LE produit qui me convenait: une casserole WiKook. Petit, il a un couvercle sous pression, même si c'est 3 fois moins qu'une cocotte-minute, il a l'avantage d'être plus compact et moins lourd qu'une grosse cocotte, et surtout, il s'ouvre beaucoup plus facilement puisqu'il n'a pas autant de pression.

L'intérêt pour moi est d'avoir quelque chose de petit mais qui économise un peu de gaz et de temps de cuisson. Je peux faire bouillir l'eau, mettre les pâtes et refermer le couvercle, couper le gaz au bout de 5 minutes, les pâtes continuent de bouillir même sans feu. En gros, les temps de cuisson du WiKook sont la moyenne entre une casserole classique et une cocotte-minute, un habile compromis.

La théorie d'Ivan Illich sur la convivialité me saute encore aux yeux dans ces magnifiques grands magasins comme Darty sur la question de « maitriser son outil ». De même à la pharmacie. Personne n'aurait l'idée de penser qu'un vendeur de Darty et une pharmacienne font le même métier. Pourtant, ils tripotent tous 2 le même logiciel de gestion de stocks en flux tendu, les mêmes machines à payer, la pharmacienne devant un peu plus connaître ses produits que le vendeur de Darty qui peut toujours lire l'étiquette de la cafetière pour dire au client que oui, celle-ci fait bien du café....

Les pauvres vendeurs des grandes chaines sont tellement déresponsabilisés qu'aucun ne connaissait ma nouvelle cocotte révolutionnaire. Je pense que ça ne les intéresse absolument pas de lire le catalogue de leur marque pour voir les nouveautés. Ils ne sont pas là pour s'y connaître en électroménager, ils sont là pour accomplir des « process-qualité ». Ils ne sont même pas là pour « vendre » au sens marketing. Les gars sur les marchés, eux savent vendre. Ils ont les bonnes vieilles techniques de démonstration, d'accroche, de relance, bien lourdes, mais ça marche, et ils vendent un balais-qui-lave-tout-seul à la sueur de leur front. Surtout, ils savent ce qu'ils vendent. Chez Darty, ils ne savent pas ce qu'il y a en rayon, alors leur demander si ça marche bien, faudrait pas trop leur en demander.

 

Darty Italy 2, Montparnasse, Odéon, Darty La Madeleine (et celui là, c'est costaud à trouver, il est planqué sous l'église de la Madeleine, et il faut rentrer par le parking souterrain...)

Je les fais tous, leur site m'indique qu'ils en ont en magasin, mais sur place, impossible de mettre la main dessus. A chauque fois, j'observe le rayon casseroles du magasin, et, bredouille, (sûre qu'il n'y a pas mon WiKook en rayon), je vais voir un vendeur qui me répond invariablement « on va aller voir ».... donc nouvelle vérification, qui conclut, comme moi qu'il n'est pas en rayon. C'est enfin à la Madeleine, après avoir traversé le parking, l'accès du métro, descendu les étages, et parcouru des kilomètres sous terre, que je vois un malheureux WiKook tout seul sur une étagère. Je me rue dessus, je le sers dans mes petits bras, et je vais voir un vendeur pour lui demander la même chose. Surpris de voir ce truc qu'il n'avait jamais remarqué, il cherche (encore une fois dans son logiciel, et encore une fois sans tenir compte de la bonne référence, il s'y reprend donc à plusieurs fois avant de trouver LA bonne référence, que je lui avais pourtant indiquée) et m'indique qu'il ne reste plus que celui là, le modèle d'exposition. Après tous ces kilomètres en métro pour trouver ma casserole, je l'a prends quand même, et arrivée à la caisse, on m'indique qu'elle ne coute pas 80 euros, mais... 25! Bon, au moins, même s'il faudra changer le joint en caoutchouc, j'ai fait une bonne affaire: trouver l'outil dont j'ai besoin et en plus à ¼ de prix!

 

Je me disais que j'ai adopté un comportement inverse de ce que le markéting cherche à faire. Même pour des biens d'équipement durables, les magasins poussent toujours à l'achat impulsif plutôt qu'à l'achat réfléchi. Une cliente qui vient en disant « je veux la référence X à tant d'euros de telle couleur, je sais que vous l'avez, j'ai regardé dans vos stocks »... cette cliente, c'est moi, mais dans la vraie vie elle n'existe pas. Le vrai client c'est plutôt « tient regarde chérie, elle est belle cette casserole, tu en voulais une, on l'achète? » sans savoir si c'est le mieux pour eux ou pas.

 

Pour moi, c'est juste une façon d'utiliser de manière raisonnée la société de consommation. Je trouve ça assez bien quand même de pouvoir acheter des tas de biens d'équipement partout à coté de chez moi, à des prix accessibles. Je n'ai donc pas vraiment envie d'un « retour » comme on croit à tort à propos de la décroissance. Plutôt d'une utilisation cohérente. Internet peut justement servir à l'information du consommateur s'il prend la peine de ne pas acheter tout et n'importe quoi. Depuis plusieurs générations déjà, l'Europe a l'habitude de l'abondance, et comme toute chose ancienne, tout un chacun devrait maitriser ce « nouvel » environnement. Pourtant, non, les consommateurs de base achètent toujours n'importe quoi parce qu'on leur montre à la télé ou sur des têtes de gondoles.  

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