Publié par Sabine Canneva le 22/05/2010 dans Reflexions
Mardi 20 octobre
Bayacas !
Nous sommes quand même dans un village hautement connu (oui, il est un peu en altitude). Juste au dessus d'Orgiva, qui est déjà une petite ville de montagne, on accède à Bayacas par une petite route raide qui descend entre le vide de la vallée et les arbres contre la paroi rocheuse. Ça tourne et on finit par arriver sur une petite place avec un arbre, un banc, 3 petits vieux et 12 voitures garées. En tout dans le village, il y a une église, une cabine téléphonique, mais on a piqué le téléphone il y a 4 mois, et 20 maisons accrochées à la colline. Il y a aussi par mal de chats, et surtout des corniaux. Il ne s'agit pas là de chiens, mais de corniaux: des trucs qui se sentent obligés d'aboyer dès que vous passez à moins de 50 mètres de leur grillage, et même si personne ne passe, ils se sentent obligés de se manifester. Ce genre de bête est universel ici.
Iil n'y a que quelques anciens qui sont encore au village, quelques jeunes qui viennent les voir de la ville les we, et surtout les britishs! Ils sont partout ces gentils anglais, et il y a de tout:
depuis l'ancien cadre de la city qui a tout plaqué pour faire de l'huile d'olives et des chèvres, jusqu'au plus grasseux sdf pseudo new age qui attends les extra-terrestres.
Il faut dire qu'il fait un climat autrement plus agréable qu'en terre grande bretonne: 360 jours de soleil par an, nous sommes le 27 octobre et on n'a pas encore sortis les pulls, sauf le soir. J'avoue que je n'ai pas testé la piscine parce que comme les nuits sont fraiches, l'eau ne se réchauffe pas assez à mon goût.
A Orgiva on peut croiser des dizaines de voitures couvertes de poussières, avec le volant à droite bien entendu, pleine de gars ou de filles, on sait pas toujours très bien, les cheveux en rasta.
Les propriétaires du gite sont belges ou français et madame a l'air anglais aussi, mais son accent n'est pas très clair. Elle nous a raconté qu'ils ont passé les 10 premières années de leur mariage à voyager en stop dans le monde entier... tient, drôle d'idée! ;) maintenant ils s'occupent de leur gite et font de l'huile d'olives depuis 11 ans dans ce petit village avec leurs enfants ados.
Mercredi 21 octobre
Nous décidons d'aller sur la cote pour voir la mer et changer un peu l'air de Bayacas, qui est certes frais et pur, mais manque un peu d'animations. En cours de route, Benji me propose qu'on pousse jusqu'à Malaga et qu'on y passe la nuit puisqu'on a le camping-car autant s'en servir.
Nous arrivons en début d'après-midi à Amunecar. Auparavant, nous avions fait un détour pour passer par une aire indiquée dans camping-car info avec les coordonnées gps. Arrivés sur place, il s'agit plus ou moins d'une station service. Benji va se renseigner, le garagiste lui indique qu'il peut à la rigueur le dépanner avec son tuyau d'eau, mais qu'aujourd'hui il n'y a pas d'eau dans toute la région, et qu'il n'y a pas la moindre installation pour vidanger.
Amunecar est une ville balnéaire pour l'été, il n'y a pas grand chose passé la saison. La plage est de galets noirs, avec des rochers, moi j'aime bien. L'ambiance est assez calme, on sent que tout le monde est parti, en plus nous sommes en pleine semaine. Comme je ne sens pas un potentiel formidable, je propose qu'on aille voir ailleurs.
Nous faisons demi-tour vers l'Est vers Salobrena. Le guide parlait de « bonne surprise », effectivement, la ville est autrement plus intéressante. On part à l'assaut du village, où le panorama des montagnes et des champs s'abaissait devant nous. On suit ensuite une promenade autour du castello arabe comme il y en a presque partout par ici. Et là nous sommes tombés sur une grande bande de terre rectiligne qu'on voyait de la route en arrivant, avec des champs et surtout tout un quartier bien rangé de maisons fermées. L'enquête était trop tentante, nous sommes descendus de la colline vers ce quartier un peu fantôme. Il y a avait quand même un peu de passage et quelques maisons ouvertes; mais globalement, le quartier est un peu glauque. La mer, une rangée de restaurants et boutiques de souvenirs, et ensuite des résidences toutes identiques. Ce sont des maisons et non des grands immeubles, ça fait cosi et familial, chic même, mais l'idée d'un quartier complètement artificiel uniquement pour l'été fait un peu froid dans le dos.
Recherches SALOBRENA:
Presque rien dans Wikipédia français, 12 000 habitants en 2008, augmentation depuis 1990. L'appellation « cote Tropicale » fait son petit effet: comment aller en vacances sous les tropiques à moins cher! Nous avons continué notre marche vers le vieux village, un saut à la bibliothèque pour voir qu'il n'y avait rien sur l'histoire de ce lieu, et nous sommes repartis à l'assaut du castello arabe. Les petites rues sont vraiment charmantes, des jolies fleurs, des belles grilles, des petites maisons bien arrangées, ou un peu too much, mais c'est autrement plus chaleureux que la grande esplanade en plein vent pour les touristes. Seul problème évidemment, comme ce village est sur un piton rocheux, il faut grimper sans arrêt. J'expérimente donc que les touristes, en vacances pour se reposer, fuient ces montées interminables, et que cette raison était sans doute suffisante pour construire ex nihilo un quartier de plein pied sur la mer. Vu la rectitude de la cote je me dis qu'il s'agit forcément d'une coté artificielle. Mais il s'agit de travaux gigantesques, je vais faire des recherches pour savoir ce qu'il en est. Arrivés au castello, il faut payer, et on se dit que ça ne vaut pas le coup de voir un mini castello puisqu'on ira voir l'Alhambra.
Nous nous dirigeons cette fois vers Malaga. Les guides ont un plan de la ville peu précis, le gps nous aide un peu, mais il a fallu tourner pendant au moins une demi-heure autour du centre ville pour trouver un endroit où se garer. C'est une grosse ville, qui a des quartiers de tours d'habitation, mais pas « une banlieue » horrible comme disait un guide. On finit par enfin se décider pour un parking un peu en retrait d'une grande route. Il s'agit du parking de la fac de biologie ou de médecine, et on est juste devant une grosse caserne de pompiers. Entre la route, les pompiers, et les étudiants qui se gareront le lendemain, la place n'est pas fameuse, mais tant pis. Effectivement la nuit sera bruyante, mais pas de pimpom comme on craignait. Le lendemain matin on sera coincés par des voitures, mais Benji arrivera à sortir le camping-car vers 18h après la visite de la ville. La manœuvre ressemblait à un enfilage de chaussettes pour faire passer un camping-car en marche arrière entre deux voitures avec cinq centimètres de chaque coté...
Visite nocturne de Malaga, notre fabuleux parking est relativement bien placé (autant qu'il ait quand même un avantage). Le lendemain matin, petit déjeuner au milieu des étudiants qui arrivent pour leur cours. J'aime bien ce coté décalé de boire un thé pendant que des étudiants sont dans un cadre hyper règlementé d'horaires, d'années, de devoirs pour un résultat qu'ils imaginent mirobolant.
Visite de la maison natale de Picasso, puis visite du musée Picasso dans un beau palais arabisant. Le musée est la fierté de Malaga, mais il n'est pas très fourni, et les explications ne sont pas d'un intérêt extraordinaire. Je sens un peu la récupération de Picasso enfant du pays pour le développement artistique et économique de Malaga qui était il y a peu une ville décrépie. Elle est candidate à la capitale européenne 2016. Je repense à Lille dont l'importance régionale a décollée après avoir été capitale européenne. Malaga tente donc de se faire une place au soleil, disons une place parmi les métropoles. Le contraste entre Bayacas, petit trou où les siècles et les anglais passent sans que rien ne change et cette grande ville qui veut ressembler coute que coute aux autres grandes laisse à réfléchir. Que signifie vivre dans une grande ville? Aller au ciné, au restau, avoir un bon salaire, acheter des fringues chez Zara et Benetthon. Ou bien porter des vieux tshirts usés et aller acheter des salades comme Janet à Orgiva le matin? Au delà des conditions matérielles, il y a une émulation dans les grandes villes, qu'on sent à Paris et là aussi un peu à Malaga.
Ensuite nous montons au Gibralfaro par une jolie promenade sous les pins. Le soleil s'est levé après une bonne averse pendant qu'on était au musée.
Nous avons ensuite déjeuné dans un restau végétarien indiqué dans le petit Futé, et nous sommes allés visiter la deuxième partie du château: l' Alcazaba. Ça donne un assez joli aperçu d'un castello arabe.
Il y avait un couple dont on a pensé que monsieur était payé pour filmer et photographier sa blonde. Il a passé sa visite à la photographier, une espèce blonde platine bronzée, jusqu'à l'attendre quand elle sortait des toilettes pour immortaliser le moment....
26 octobre
Pour être sûr de récupérer la caméra qui arrive par colis, Benji veut aller à Grenade la récupérer directement à l'entrepôt, et tant qu'à faire... tout de suite! Le transporteur lui avait dit que le paquet était bien à l'entrepôt et lui avait donné l'adresse. Nous faisons la route et tentons de trouver cette fameuse rue dans le poligonno industriale. Après une bonne heure de recherches, on finit par trouver grâce à internet et au gps combinés. La caméra est là, mais il n'y a pas encore la carte mémoire. Comme il en faudra deux, Benji cherche sur internet un magasin à Grenade où on pourrait racheter directement une deuxième carte. Arrivés devant le magasin qu'il avait trouvé sur internet, le monsieur était en train de ranger des cartons pour fermer boutique.... il nous indique une autre adresse mais qui est un magasin de photos pour touristes qui n'a pas ce genre de matériel trop sophistiqué. Nous voilà donc sur une place à manger des Churros au chocolat, depuis le temps que je réclamais des churros!!
Retour ensuite à Bayacas, de nuit encore, puisque depuis le changement d'heure hier, il fait nuit à 19h. Bayacas de nuit, c'est vraiment de nuit, puisqu'il n'y a qu'un ou deux lampadaires. Heureusement, on a des lampes dans le camping-car, ce qui nous permet de faire le chemin en terre sans trop se tordre les chevilles.
27 octobre
Première casse !
Nous décidons de nous lever tôt et d'aller faire une rando autour de Pampeinera. Il faisait un beau temps clair, pas trop chaud. Nous avons déjeuné à Pampaneira au retour, puis fait une halte à Bubion pour jeter un œil au village. Nous avons toujours le problème de trouver une place assez grande pour nous garer. Nous avions trouvé un beau parking, mais avec une montée un peu sévère. À la montée, comme d'habitude dans ces cas là, les béquilles ont touchées le bitume puisqu'on est assez long après les roues. Quand on est partis, on s'est dit qu'il faudrait mieux coller le talus à droite pour prendre le moins de pente possible. Et bien c'était une mauvaise idée. J'étais dans la rue devant pour m'assurer de la circulation et en tournant on a arraché le petit luminion et le réflecteur à droite. Une partie du pare-choc est bien entamé aussi. Benji ne s'est même pas rendu compte qu'il arrachait tout ça puisqu'il pensait que c'était juste les béquilles en touchant par terre. En fait, une dame nous a dit plus tard qu'on avait peut être touché une branche qui dépassait du talus, ce qui serait donc un peu moins de notre faute. Enfin bref, on a pété notre premier truc sur le camping-car, mais par excès de zèle. On sait désormais que cette pente était un peu raide. Le résultat c'est un luminion cassé. On a remis le pare-chocs qu'on va pouvoir scotcher je pense. Quant au réflecteur, on l'a récupéré il est juste cassé en 2, et on espère le refixer. Comme on avait pas de gros scotch (c'est mal, on avait lu qu'il en fallait dans la boite à outils, mais j'ai procrastiné d'en acheter) le morceau de pare-chocs est tombé, et voilà c'est malin les jeunes, comme ça on a un trou à l'arrière du camping-car. Bon, mais rien de dramatique.
28 octobre
Encore une journée à Grenade pour courir après des paquets. Nous sommes retournés ce matin à l'entrepôt de TNT pour récupérer la carte mémoire pour la caméra, c'est bon on connaissait le chemin. Benji avait eu DHL ce matin pour leur demander de ne pas embarquer le paquet vers Orgiva, mais de le laisser au dépôt de Grenade. Ce qu'ils n'ont pas fait bien entendu. Après plusieurs coups de fils, il s'avère impossible de récupérer le colis à Grenade. On s'acharne et on en profite d'être là pour aller faire des courses pour remplir le camping-car de victuailles: un petit tour dans un magasin de bricolage pour le chatterton en autres, bières, farine, etc, et enfin chez Carrefour pour divers trucs, dont l'important épluche légumes, nutella, thé, confiture de myrtilles, et brioches.
Vers 18h et toutes ces victuailles, Benji tient quand même à aller à l'entrepôt DHL. Nous passons une bonne demi-heure dans le bled de Peligros (ce qui veut dire danger, ou d'Angers... décidément! ;)) en demandant à 4 personnes pour trouver le fameux entrepôt. Benji va se renseigner et apparemment le camion rentre après sa tournée dans une demi-heure avec le paquet!! Nous voilà donc à attendre au milieu des quais de chargement et enfin à 20H30! Voilà le paquet.