la maison des fous

Publié par Sabine Canneva le 27/04/2010 dans Journal de bord, Reflexions

Cette fois, nous sommes rentrés, dans une vraie maison, (pas encore la notre), avec une douche chaude, et le confort moderne bref, les aventures sont terminées. A moins que...

En effet, nous avons développé une certaine compétence pour repérer les endroits propices pour passer les nuits (éviter les écoles, les trains, les routes, les ronds points, les mosquées, les églises, etc, voir un post antérieur).  Nous maitrisons maintenant les subtilités d'un voyage en camping-car, et le fait de désormais s'arrêter de voyager nous a fait croire un instant qu'on allait s'ennuyer et se pantoufler. C'était sans compter sur l'aventure administrative française.

Tout le monde sait qu'il faut justifier de ses revenus pour prendre un appartement : bulletin de salaire ou déclaration d'impôt pour les professions indépendantes.

Mais comment fait-on lorsque l'on a des revenus (vive le Pole Emploi) et une entreprise qui n'a pas encore eu la bonne idée de faire des bénéfices et donc de payer des impôts ?

Ou bien posons la question sous une autre forme : que préfère aujourd'hui un propriétaire ?: des locataires solvables ou des garanties basées sur des non solvables ?

Et bien, selon la logique psychologique des humains : ils préfèrent des garanties.

Ce qui est curieux, c'est que la fameuse crise financière de 2008 était précisément basée sur ce principe toujours en vigueur : peu importe la capacité des emprunteurs à gagner de l'argent, les créances étant garanties, tout le monde est rassuré. On a vu ce qu'était ces garanties : d'abord des montages hasardeux, et surtout le montant était tel que les assureurs ont, comme par hasard, menacé de faire faillite (ba oui, des assurances qui paient tout, ça se saurait).

Bon, mais y'a une crise du logement, (holala, faut construire des milliers d'HLM), alors voilà notre crise du logement :

- Il y a à Angers des dizaines d'appartements à louer qui correspondent à nos besoins et à notre budget.

- Nous avons de l'argent d'avance, et des revenus qui nous permettent de payer ce loyer de façon sûre pendant largement 3 ans (durée du bail, ce n'est même pas sûr qu'on reste 3 ans dans ce logement)

Mais personne pour le moment ne veut nous louer : pourquoi ? parce que nous n'avons pas de quoi justifier de revenus correspondant à 3 fois le montant des loyers.

 

Il existe, grâce à notre formidable gouvernement, une nouvelle usine à gaz appelée GRL (on aime bien les sigles, ça fait intelligent), autrement dit la Garantie des Risques Locatifs, présentée par notre sus-mentionné formidable gouvernement comme LA solution miracle pour tous les pauvres gens en mal de logement. Voilà comment ça marche :

- Justifier de disposer de 2 fois le montant du loyer (au lieu de 3 fois dans le privé)

- Le propriétaire peut la souscrire pour couvrir son locataire

- Pour la modeste somme de 2,5% du loyer

Votre perspicacité n'a pas manqué de relever certaines bizarreries : l'intérêt de ce machin est assez limité puisqu'il faut toujours justifier de revenus, moins importants certes, mais quand même. Ensuite, bien évidemment, histoire de retaper un peu les assurances en mal de nouvelles rentes, c'est payant. Mais surtout, et c'est le plus drôle : « le propriétaire peut souscrire ». C'est à celui qui n'y a pas intérêt de souscrire, si ça lui chante, un truc qu'il va devoir payer....tout le monde sait bien que les propriétaires se battent pour retenir les locataires dans leurs immeubles et qu'ils sont prêts à tout pour les garder...

Nous aurions donc pu bénéficier de ce nouveau bidule, si les propriétaires l'acceptaient ! Sur la 15aine d'agences contactés, toutes nous ont confirmé le plus simplement du monde « ha non, on ne fait pas la GRL », genre « non, on n'est pas pratiquants ».

De l'aveu même du gouvernement dans le dossier de presse de cette GRL, il y aurait près de 200 000 logements vacants en France. Ce qui nous a été aussi confirmé par ces agences, je les cite « oui, vous avez raison, un propriétaire préfère laisser son logement vide plutôt que de prendre un locataire qui n'a pas un dossier béton, et même avec un dossier béton, on arrive à avoir des impayés »

Conclusion : un dossier béton ne sert à rien.

Deuxième conclusion : il ne faut pas chercher loin les raisons de cette « crise du logement » dont on nous serine les oreilles : si même en ayant de l'argent on ne peut pas se loger, comment font les vrais pauvres ??

Troisième conclusion : le moteur de notre chère économie s'appelle « la trouille ».

Selon le site du ministère de la justice,

 (http://www.justice.gouv.fr/art_pix/1_stat_anur08_20090317.pdf) le nombre de contentieux locatif pour impayé est de 133 303 en 2006 (ce qui a du augmenter significativement depuis)

Selon un rapport du Sénat, (http://www.senat.fr/rap/r03-022/r03-0222.html.) il existe 5,1 millions de logements locatifs privés.

Le taux de contentieux est donc de 2,6%, aller 3%. Ce qui veut dire que 97% des locataires payent leur loyer, voir 95% puisque tous les impayés ne font pas l'objet de contentieux.

 

Parallèlement, on trouve sur le site de l'Insee d'autres chiffres édifiants :

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon05237

La part des ménages qui n'ont pas de difficultés de logements : 47,1%

A contrario, 52,9% des ménages ont des difficultés de logements ! ces chiffres ne sont pas liés au parc locatif, mais laissent songeur sur le degré de tolérance de la société :

Il est inconcevable que 5% des propriétaires aient des problèmes avec leurs locataires, en revanche, il est admis que plus de la moitié des occupants soient mal logés....

3 Commentaires

Philou

J’ai une solution…. Un bon plan quoi…. Un camping car à Angers !!!!

benoit

j’ai une solution
si j’achète un logement et le mets à votre disposition
ca vous interesse?

SAb

Oui, et gratuitement!! ;)

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